La prise de notes
Pour le jeune dyslexique, la copie est une torture. Il copie lettre par lettre, sans mémoire de travail, il cherche sa ligne, hésite, rature. Il ne dispose pas de mode automatique juste, pour reconnaître si telle syllabe existe ou non. Il est condamné à découper son travail en plusieurs temps : écrire, puis se corriger.
Comment l’aider (liste d’exemples non exhaustive) :
fournir les cours photocopiés ou par internet, de préférence à l’avance afin que les parents puissent dégrossir la leçon ou faire référence au livre. Les cours tapés sont plus lisibles pour eux et permettent leur utilisation sur ordinateur à la maison ou dans le cas d’un PPS avec utilisation de l’ordinateur en classe (logiciel de synthèse vocale et ou logiciel de reconnaissance vocale)
favoriser son écoute et sa mobilisation d’attention sur le contenu du cours en classe, sans pour autant le dispenser de prendre des notes si le professeur écrit au tableau (utiliser les couleurs, gros caractères, rédiger un plan)
ou lui faire surligner les cours photocopiés (les photocopies seront en gros caractères, aérées, avec mise en évidence de l’essentiel)
le placer près du tableau et du professeur
utiliser un dictaphone pour l’enregistrement des leçons ou des exercices
La lecture
Une personne dyslexique apprend à lire à chaque fois qu’elle lit. elle décode, puis relit pour comprendre, donc elle perd du temps et dépense beaucoup d’énergie
Comment l’aider :
lui lire les énoncés,
utiliser la reformulation de l’énoncé par l’enfant, afin de s’assurer de sa compréhension
utiliser des exercices à trous, plutôt que lui faire copier un exercice.
utiliser les bandes audio pour les ouvrages littéraires, ou bien les parents les liront à haute voix à leur enfant.
L’écriture
Le jeune dyslexique a souvent des problèmes d’anticipation et d’évaluation de la place nécessaire pour un nombre de lettres. Il est très souvent dysorthographique.
En rédaction, lorsque le dyslexique écrit, pour lui, son histoire est claire, elle a du sens, il ne se rend pas compte qu’elle n’est pas forcément compréhensible pour le lecteur.
Comment l’aider :
ne pas le pénaliser pour l’orthographe
lui laisser des espaces d’essais (sous main, ou page de gauche)
lui permettre d’utiliser l’informatique pour rendre des copies propres (correcteur d’orthographe, logiciel à reconnaissance vocale, logiciel à synthèse vocale)
en expression écrite : réduire la quantité, en précisant les exigences qualitatives
rendre une correction écrite lisible et constructive
En ce qui concerne les dictées, afin d’épargner la moyenne générale et les éternels 0/20 qui ne mesurent pas les progrès, il est maintenant pratiqué au niveau des examens, une dictée aménagée. Il s’agit de donner la même dictée qu’aux autres mais à lire sur papier libre et avec plusieurs propositions d’orthographe sur certains mots et expressions grammaticales parmi lesquelles se trouve la bonne réponse que l’élève devra entourer. Cette pratique pourrait s’étendre aux contrôles continus.
Les leçons
Le jeune dyslexique n’a pas toujours la compétence de ré-évoquer une notion acquise, de la mettre à disposition et d’utiliser sa mémoire de travail.
Il va passer énormément de temps pour des résultats qui ne sont pas à la hauteur de ses efforts.
Comment l’aider :
lui permettre de matérialiser par des codes visuels ou sonores
utiliser des procédés mnémotechniques (anecdotes, dessin….)
lui donner le droit d’utiliser des aides mémoires, calculatrice…
les parents peuvent lui lire sa leçon à haute voix et faire des fiches avec des mots clés
Langues étrangères
évaluer le plus possible à l’oral.
lui expliquer les exercices en français ainsi que les leçons. Un dyslexique a besoin de passer par la traduction du mot en français dans un premier temps (association mot=image)
utiliser des QCM, des exercices à trous
enregistrer des textes pour l’aider à apprendre ses leçons, possibilité d’utiliser un dictaphone en cours
Pour les tests de connaissance
lui lire les consignes à voix haute ou utiliser un dictaphone un ordinateur avec logiciel de synthèse vocale.
prendre en compte la lenteur inhérente à la difficulté de lecture et d’écriture en proposant un contrôle faisable pour l’élève dans le temps imparti : soit en instaurant un tiers temps supplémentaire qui leur est accordé aux examens, soit en enlevant un exercice, ou encore en terminant le contrôle oralement. Sinon pratiquer la double notation qui permet à l’élève de connaître son taux de réussite réel en fonction de son travail effectif en ramenant la note sur 20. Cette double notation permet de relativiser son niveau au moment des délibérations du conseil de classe. Mais dans tous les cas, on veillera à mettre en place les stratégies nécessaires pour qu’il ne perde pas de temps inutilement.
inscrire les barèmes pour optimiser son organisation.